Le sommet d'urgence à Bruxelles de la semaine dernière a marqué un tournant. Pour la première fois depuis la fin de la Guerre Froide, les dirigeants européens ont parlé d'objectifs de dépense militaire non comme d'une aspiration mais comme d'une nécessité immédiate.
Le changement de paradigme
L'architecture de sécurité européenne reposait sur deux piliers : la dissuasion américaine via l'OTAN, et la conviction que la prospérité économique rendait la guerre inenvisageable en Europe. Les deux piliers sont désormais questionnés.
La réélection de Trump et son scepticisme explicite vis-à-vis de l'Article 5 ont fracturé la certitude que les États-Unis viendraient automatiquement en aide à un allié européen. Ce n'est plus une opinion marginale — c'est une probabilité que les états-majors européens intègrent dans leurs plans.
Les implications économiques
Une augmentation des dépenses militaires à 3% du PIB pour les grandes économies européennes représente un réallocation massive de capital public. Pour l'Allemagne seule : 50 milliards d'euros annuels supplémentaires. Ce n'est pas qu'une question de sécurité — c'est un choc de demande public.